Grenoble

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Trois monts entourent la ville où je m’éveille.

De la buée sur la fenêtre du salon,

Et les notes d’un vieux jazz à la radio grésillent.

 

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Nous roulons en silence sur les feuilles aux couleurs d’ocre,

L’automne met de l’or aux branches des vieux arbres,

Et très haut on voit de la neige embrasser le ciel pâle.

 

Les gens ici marchent tranquillement, sans presse,

Dissipés sur des trottoirs larges.

 

Dans le centre plus tard il y a aura la foule,

Pour l’éviter on franchit un portail,

Réfugiés derrière les murs épais, au cœur d’un jardin miniscule

Que dont rien ne viendra perturber le calme.

 

Un pont enjambe l’Isère,

et les couleurs des façades paisibles le long de la rive

Me rappellent ce que j’aime à Lyon.

 

Un sentier serpente vers la Bastille qui surplombe la ville,

Les pieds ricochent sur les cailloux et la terre brune, et

Au dessus de nos têtes, le vol régulier du funiculaire.

La lumière baisse à l’inverse de notre lente ascension :

Bientôt ce sera la nuit.

 

La nuit : quel spectacle !

Un grand tapis sombre troué de mille lumières,

les voies qui traversent la cité et les fenêtres éclairées.

On distingue au lointain la rumeur murmurante de ceux qui vivent ici-bas.

Et puis, tout autour,les silhouettes éthérées des montagnes dont les couleurs tendres se déclinent sur la toile obscure du ciel qui à chaque instant se teint d’un noir plus profond. La lune derrière les filaments de nuages diffuse ses mélancoliques lueurs, une note claire au milieu de cette sombre étendue.

La montagne nous aspire, les rues ne sont plus que de minuscules tracés de lumière, et les hommes ont disparu.

Au soir le monde au-delà du monde nous a déposé.

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Bruxelles

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Bruxelles, ma belle, 

sont des mots qui vont très bien ensemble,

très bien ensemble. 

 

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A l’arrivée le soleil aux paupières, la lumière radieuse d’un ciel de midi,

et l’hiver, l’hiver sur les joues palpite, l’air est frais et nos cheveux balaye,

l’indolence de la brise juste à fleur de peau.

 

Bruxelles,

le silence emmitouflés à l’intérieur de la librairie Ninjinski.

J’aime le capharnaüm de la première pièce où en vrac s’entassent de très vieux bouquins,

l’odeur des papiers anciens et ces pages  brunes pas encore détachées.

Sur la tranche, un peu de poussière. Times goes by.

J’ouvre un album et c’est Constantinople, plus loin sur de petites étagères des rangées de livres polyglottes, encres qui tâchent les menottes, almeno ho dimenticato questa notte, meu amor.

 

Arpenter sans trêve l’écheveau de ruelles entremêlées,

d’une ville nouvelle.

(les autres fois je m’en souviens à peine)

 

Art Nouveau.

Rythme, couleurs et arabesques,

sur les façades de briques mille ornements,

de fleurs aux verrières, des courbes aux parois,

et aux dessus des rues pavées les balcons se penchent.

 

J’esquisse le contour d’une fenêtre sur la page blanche.

 

On roule dans la nuit,

à bicyclette dans la ville, sous les réverbères,

lumière jaune et feuille dorée,

le monde dort et d’autres sortent,

le froid et des jupes courtes.

 

 

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