Même de loin ta lumière

Les pierres à la face des morts captent le soleil, arrachant au jour ses dernières lumières ses dernières aspirations. Six pieds sous terre les disparus demeurent, je remonte la cendre et les heures se courbent, quand la rondeur de la terre lourde attrape les lueurs, l’astre à demi-noyé déjà s’amenuise et s’efface.

Il n’est plus là et pourtant il infuse, son halo blanc perce entre les vieilles branches et les éclats passés des vitraux d’une chapelle :  il veille, sature le ciel d’or et de brumes carnées, le soir est beau, le soir est beau longtemps encore après sa mort. Et les passants, têtes basses, pas indolents,  marchent et murmurent des psaumes, invoquant ceux qui manquent à la vie. Ils pleurent en silence et rient parfois aussi, devant les tombes muettes des autres hommes, quittant la foule à travers de longues rangées de stèles, chacun courbé sous le poids de ses  absents.

Indifférents, le soleil et les morts, mêmes partis, mêmes lointains, les nimbent longtemps encore des rayons clairs de leurs propres lumières.

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