Entre-deux

Douce la vie d’entre-deux. Aube, silex, soir du chien au loup, course à l’affût des dernières lueurs et de la nuit ensemble, jour épris d’obscur, noir luminescent.

Dans la chambre, la vie coule, simple. Livre ouvert, page pliée.

Je ne sais pas quitter, mettre fin. Crains pareillement l’émotion brute des retrouvailles, la fièvre des aéroports pour une arrivée, un départ. Cette embrassade-là, qui ne peut ressembler aux autres. Je n’aime ni le début, ni la fin.

Je préfère de loin la vie au milieu, la banalité douce de l’entre deux, des matins pareils, tasse de café oubliée pas finie, maille défaite dans ton pull, poème griffonné, dessin du doigt sur le dos de celui qui s’endormira d’abord. Entre le sommeil et le jour, la nuit et le reste. Les premières odeurs de ta peau, me laisser assaillir.

Ce dont peut-être, les autres ne se souviennent pas. La beauté du geste infime, de ce baiser-là engourdi, à 8h02 derrière ton oreille, la demi-sensation.

Ce qui reste, c’est celà. L’entre deux, le presque rien.
Le non-évènement. Le minuscule qui flottera toujours, entre la mémoire et l’oubli, l’amour et le néant.  Les kilomètres de petites choses qui nous liaient, entre (nous) deux.

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