A la cime du monde enneigé

Avant l’aube, encore tout engourdis de sommeil, il faut quitter la quiétude chaleureuse du lit pour la morsure du froid dehors. Marcher, rouler, passer une frontière, s’assoupir et rouler encore.

A l’ascension de la montagne blanche. Avancer sous les arbres endormis, s’enfoncer dans la neige, et puis se réjouir du poétique spectacle que la nature nous livre, de ces cristaux minuscules qui virevoltent en poudre scintillante, formant aux cieux d’azur d’étranges arcs-en-ciel que l’on s’attache à la rétine, fascinés.

Tous les muscles se tendent, pas après pas l’on gravit les chemins inclinés, passe les ruisseaux gelés et les branches des arbres que d’anciennes tempêtes ont renversé à terre, tronc à l’inverse du ciel.

 Marcher sans faiblir, vaciller parfois, le corps instable dans la rude pente nous menant au dernier sommet, ce sommet qui pour un temps deviendra le toit du monde.

Le vertige est léger, le paysage immense. La vie avale, nous avale heureux, caresses de brumes sur les monts assoupis, armées de pins aux branches de glace, la neige épaisse et douce qui recouvre ce que la roche avait d’abrupte, amadouant les pics et les angles, les peurs et les aspérités.

Tout en haut le regard se perd dans les marées sublimes, les longues marées de crêtes et de nuages, de cimes vaporeuses et de voûtes arborés, de dentelles évanouies et de courbes dans l’ombre, les montagnes semblant soudain s’étendre jusqu’à l’infini et bien après…

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Photographies : le talentueux  Frédéric Le May 

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Une réflexion sur “A la cime du monde enneigé

  1. Par un samedi enneigé, une jolie et intrépide demoiselle s’engage sur la plus haute montagne du Vermont. Armée de ses raquettes empruntées et de sa bonne volonté, elle réalise assez vite qu’elle aura besoin de beaucoup de détermination pour arriver au sommet. La neige est furieusement indisciplinée. Plusieurs membres de son groupe abandonnent la route, même parmi les plus expérimentés. Elle poursuit tout de même, plus déterminée que jamais. La neige glisse sous ses raquettes, elle grimpe avec ses mains. Un pas en avant, deux en arrière. Elle s’acharne. Elle sacre. Elle s’accroche et elle grimpe. Deux pas en avant et un en arrière. Elle monte, un tout petit peu à la fois. C’est frustrant mais elle continue. Elle s’acharne…

    Et puis VLAN! la voilà sur le sommet, le plus haut. Les nuages s’accumulent à ses pieds, lui offrant le plus beau des paysages. Étant sur la plus haute montagne, elle domine toutes les autres. Elle voit devant elle ce qui a de plus beau à voir dans l’est de l’Amérique du Nord. L’air est frais et clair, on voit loin.

    [La suite est trop belle et intense pour la décrire, désolé.]

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