Le salon vide

Wind of change…  

Les épaules dénudées sous les éboulis de neige : c’est mon costume, la vieille peau qui me quitte, peu à peu, glisse de mes bras et s’effile sans bruit aux nouvelles caresses.

Tu te souviens, je me demandais : est-ce qu’on est vraiment adulte, là, est-ce que ça commence maintenant? Et voilà que j’embrasse de fines ridules et que je paye mes dettes, et que je fais des choix, ferme des portes, rie les yeux graves.

Je mets les souvenirs les uns à côtés des autres, en rangs serrés dans des petites boîtes. Coulisses de la mémoire aux rideaux pourpres : c’est flou et c’est mêlé, je ne veux rien savoir, pas maintenant, pas déjà… Si c’est passé, ce n’est plus, si ce n’est plus, c’est un peu triste, quand même. Ne trouves-tu pas?

Je pleurais ce jour-là, dans l’appartement vide, sur les parquets cirés. Je pleurais parce que je savais que tout ce que l’on avait cousu, tissé serré, fils mêlés, baisers, tout ça un jour viendrait s’évaporer sur nos paupières closes et que l’on vendrait nos meubles, décrocherait les photos radieuses, se dirait adieu, tiens adieu bonne route – elle sera belle.

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