A l’abri de la tempête

J’ai écrit la chute dans un carnet de décomposition, et le hasard est devenu une soudaine évidence. Ce qui pourri nous rend plus fort, pas vrai? Alors je laisse des pans entiers de moi, de nous, de la vie d’avant, se défaire et mourir, tranquillement. Ca ne me blesse plus, je sais que c’est le cycle de la vie et de l’amour, que tout s’achève et recommence. Me voilà plus légère.

La semaine passée il faisait bon. Petite rengaine de la neige qui fond, en milliers de gouttelettes s’égrenant une à une: je l’écoute encore et encore, fenêtres ouvertes, sans me lasser de cette douce musique annonçant le printemps, les prémisses d’une nouvelle ère.

Et puis soudain dehors le vent soulève de nébuleux flocons et la poudre s’étale, blanche, épaisse, sur les toits et l’asphalte, les branches et les balcons… Je me sens bien, je contemple les tourbillons qui font sur le ciel noir de longues arabesques, assise devant la vitre embuée. J’ai le temps de dessiner, à l’abri de la tempête.

J’observe les plantes qui repoussent dans notre minuscule jardin éternel : il ne restait que le coeur, presque rien, et voilà qu’elles grandissent, s’étendent, attrapent la lumière qui filtre à la fin de l’hiver. Je les regarde en prenant mon temps, et je me dis que je leur ressemble. Qu’il ne me restait même pas le coeur, vraiment plus rien, ces soirs-là où je ne voulais que m’étendre dans la neige ou l’obscur, et que soudain par miracle je repousse, m’étends, attrape la lumière.

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