L’été sans fin

Un sillon de lumière franche sur le lit défait trace sa ligne claire. Une main sur ma hanche, entre les draps repose l’Anatomie d’un choeur et les nôtres, palpitants, fermes, charnus. De la chambre matinale nous tirons les rideaux.

En ce dimanche d’automne à l’azur formidable, une mer à la renverse vient nous accueillir, et une douce chaleur inonde nos peaux nues, reconnaissantes de ce ciel et de la langueur pleine des premières heures sur le balcon, ce radeau de bonne fortune qui oscille sans presse à travers l’ondée bleue.

La ville nous escorte, brille et se renouvelle, chaque rue minuscule, chaque pont et chaque arbre se parant des éclats de la saison nouvelle, septembre insufflant dans toutes choses ses couleurs rougeoyantes. On s’extasie des feuilles qui demeurent, de ce vert qui tient, résiste et s’accroche, le lierre et les messages alors gonflés du même espoir, sur les murs de briques et sur le sol instable.

On marche, des heures, savourant les petites faveurs qu’au hasard d’une porte entrouverte ou d’un désir soudain nous offre le parcours : fleurs tardives, rire clair d’un enfant dont les gambettes agiles remplacent pour un temps les pédales d’un vélo, sorbets fruités, esquisses, murmures, notes rebondies des vieux musiciens tout près de notre banc, quand leurs rythmes élancés annoncent notre prochain voyage…

Nous nous attardons entre les livres, et j’aime les craquements du parquet défraîchi, l’odeur surannée des pages et puis leur poésie, les librairies enchantent, des promesses, des souvenirs : que la récolte est bonne semble dire mon sac au poids de mes trésors.

Des romans, un essai, une carte du pays à venir.

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