Entre ses mains

(texte lancé pour « Jeudi j’écris », tout est expliqué ici)

Anselme sculpte. Chaque matin, aux premiers rayons de l’aube blafarde, il se jette gourmand sur l’ouvrage abandonné la veille à regret, et sillonne de son index fébrile les creux et les bombements qui avivent la surface tant chérie. Déjeuner ne l’intéresse pas, et il passe en hâte une chemise, pour retrouver au plus vite l’atelier. Déjà, il se lance, chaque précieuse minute de son temps éveillé est offerte à ce combat puissant, organique, cette danse millénaire dont attentif il reproduit les codes et les gestes.

Un peu avant midi, affaibli par des heures de concentration intense, il avale machinalement une soupe, mais surtout grignote sans presse un large quignon de pain, avec la même minutie amoureuse que celle qui le lie à la pierre. Anselme sculpte même après la fin du jour, quand la lumière se courbe derrière les montagnes dentelées qui masquent ses horizons, Anselme sculpte jusqu’à l’encre de la nuit, des heures, des heures lentes, étirées. Il dort peu, d’un sommeil peuplé d’opale, de marbre et de granit, un sommeil minéral, tissé de lames, de stries, de douceurs et de chocs, agité.

Ses mains sont rêches, de larges palmes striées de veines, cartographie souterraine de minces rivières qui gonflent et dessinent la peau, de belles mains, un pays. Rien de lourd, une grâce de danseuse bondissante, habiles elles saisissent et caressent le haut caillou, manipulent les outils, cognent, découpent, poinçonnent, dégrafent.

La pierre qui se dénude. Les éclats. Anselme vit pour sculpter, comme autrefois c’était l’écriture qui alimentait ses jours. Il faut, pour accoucher d’un texte comme d’une forme, accepter la patience et la solitude, l’échec sans fracas et le constant écho de chacun de nos gestes. On peut devenir fou à m’entendre que les bruits qui émergent de nous : la plume qui bruisse sur le papier trop mate ; le burin qui à répétition dégomme le plat d’une pierre.

Anselme n’écrivait jamais en musique. Il exigeait le silence. Dans la quiétude désertée des traces d’un autre, il pouvait enfin entendre, venue de loin, la voix intérieure qui guidait ses récits, ce style qu’on lui enviait et qui n’était, jurait-il, que la capacité à écouter son chant interne, ce murmure secret qui donnait à nos idées une forme et à notre souffle un tempo.

Sculpter, c’est différent. L’écriture n’engage pas le corps, alors que pour transformer la pierre il lui faut tout donner, se livrer au duel, ou plutôt au duo, enlacement presque charnel de deux humbles conditions, le caillou et l’humain, le premier immortel et le deuxième pensant, qu’est-ce qui compte le plus, une présence durable ou une présence consciente, si souvent il se le demande, et il devine que ce n’est pas lui le dompteur, que secrètement il se soumet à la puissance et aux caprices de la roche, à ses tendresses et à ses failles, à son chant, il la frappe mais c’est elle seule qui donne les ordres, dans le tumulte d’une relation qu’il sait un peu sadomasochiste et qui, dans sa violence et dans son érotisme, l’apaise pleinement, lui le pauvre bougre qui jamais de sa vie n’a tenu une femme contre son cœur.

La pierre, c’est l’amour solaire, l’amour unique de son existence. Avant de commencer une nouvelle sculpture, Anselme avec déférence se livre chaque fois au même rituel : il entoure de son corps la masse à découper, la surplombe et la couvre, caressant de ses paumes les ravins et les saillances, les grottes et les manquements, conjurant la pièce de lui livrer ses secrets, de se laisser prendre au jeu, de danser contre lui le bal.

Il saisit le maillet, et concentré il frappe à intervalles réguliers la surface du grès. Il a le front lumineux, comme baigné d’une aura apaisante qui en retire presque les marques du temps. Ses yeux, sous les arcades prononcées, deviennent plus clairs à mesure que le travail avance, emplis de l’éclat d’une fièvre sans pareille, brillants, presque bleus.

Anselme respire pour sculpter ses pierres, il ne sait faire que cela. Il y a quelque chose d’ancien dans le lien mystique et passionnel qui l’unit à ses œuvres. Il les nomme ses enfants, et se rappelle de chacune, convoquant parfois leur silhouette, leur dureté et leurs nuances, pour être bien certain de les garder vivantes, de les garder entières dans sa mémoire de père. Il les chérit du même amour, celles qui ont voyagé dans les galeries et les jardins de contrées trop lointaines, celles qui ont le prestige d’un socle sur les places de sa ville, celles encore qui par dizaines se cachent sous les drapées d’albâtre de son atelier.

Il prie, parfois, la tête renversée et la paume sur la pierre. La matière alors devient sacrée, et va pouvoir accoucher doucement de la forme imaginée par le sculpteur, dans une danse lente et minutieuse où l’on ne saura plus qui révèle l’autre au monde.

Où l’on ne saura plus qui existait le premier.

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Ensemble

deux ans d’amour, de sommets gravis et d’aubes ravies, d’élans, de rires et de douceurs, deux ans sur quatre continents, deux ans de matins gelés et de soirées brûlantes, deux ans à tracer l’esquisse de notre grand périple, à bâtir, à imaginer, à écrire, deux ans de rêve éveillé, de peaux, de baisers, de musique, deux ans de lacs, de cimes enneigées, d’exploits et de forêts… à toutes les années à venir, mon amour. 

fredalm

La Langue des oiseaux : journal

J’ai toujours un carnet sur moi, et pour la première fois j’en partage un extrait, n’ayant pas le temps d’écrire ici, trop prise dans la course belle et folle de ces dernières semaines.

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La langue des oiseaux, C.Hunzinger, Grasset, 2014

L’île à venir  – nuit du 4 au 5 mai 2016

Traces d’argile sur le visage, lumière rouge filant dans la nuit pleine, après les heures à l’atelier qui chaque fois m’emplissent âme et corps, je roule le long du chemin de fer.  Je retrouve la barque chaleureuse, il me parle de la possibilité d’une île tout là-bas en Orient, et sans plus attendre, spontanément, je dis oui. On louerait des vélos, peut-être. Il y aurait des ruelles vertes, des fleurs aux parfums étranges, du silence et le brouhaha d’une langue inconnue. A minuit dix, le sort est lancé, dans la boîte virtuelle arrivent deux grands billets de liberté.

Le lac des signes – soir du 5 mai 2016

Il est tard, encore, quand enfin on se retrouve sur le radeau qui nous attache. Une fleur rouge s’est ouverte. Dans le lit défait, je confesse, évoquant le voyage semé le jour d’avant : « aujourd’hui, il y avait des jolis signes partout…  » La mine rieuse, le regard  émeraude, miroitant, il me susurre à l’oreille : « oui, ma belle, on appelle ça des biais cognitifs ». Silence rêveur, je vogue, j’entends billets cognitifs, petits mots que l’esprit nous laisserait, partout, pour ouvrir autrement le sens. Ce message des oiseaux ne peut-être qu’un autre signe….

Le jour où – 6 mai 2016

Au travail nous avons créé un petit club de lecture, c’est réjouissant, et des bouquins libres d’entrave sur les tablettes de mon bureau s’empilent en tours brimbalantes. Ce matin on me prête un beau livre, La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger. Je le feuillette, il parle d’une rencontre entre deux femmes, l’une réfugiée dans la forêt pour écrire, et l’autre, japonaise en exil, qui la touche de sa poésie. Étrange et fulgurante virée dans les failles et les brisures de la langue… Le verbe est puissant, le sujet m’intrigue et me touche.

Mes doigts clapotent, le titre apparaît à l’écran, et je clique sur un lien. Impulsion ou croisement, la sérendipité sereine encore, quand heureuse je découvre ce que je ne cherchais pas. Entre les lignes de l’article je risque une brève incursion, et très vite découvre que la langue des oiseaux est un art, un idiome magique et secret naissant de la proximité sonore entre des mots, créant alors des jeux : au sens de décalage, intervalle poétique et ludique ouvrant franchement tous les sens possibles, mais aussi simplement activité plaisante, jeu d’adresse, de rire et de hasard, à la fois distraction et recentrement sur soi.

(je songe qu’il faudrait que je reprenne ma réflexion tentaculaire sur le jeu, un sujet qui me passionne, feuillets noircis de figures, schémas et pensées fleurissantes )

Selon cet article, la Langue des oiseaux « suggère d’autres mots comme pour, à la fois, les cacher et en donner une trace détectable», et cet adjectif là m’interpelle. Cela parle aussi du tarot de Marseille, dont on dit qu’il tire « de 22 lames ses leçons » chuchoté aussi « devin de l’âme, c’est le son ». Langue cryptée, donc, immense territoire à creuser et à étendre.

Le soir, « chez-nous » comme on dit dans ce pays qui devient aussi le mien, on accroche ensemble les filets de lumière sur le radeau-balcon, et la nuit bleue qui nous prend est longue, dense et belle, une nuit qui garde en elle cent mille traces du jour, de ce jour si spécial, et de tout ceux qui viendront.

La légèreté d’écrire

La légèreté : c’est drôle, c’est en quittant un peu l’enfance que j’ai appris à l’apprivoiser. On parle beaucoup de liberté, liberté chérie, noble, irréductible et exaltante, belle bravade qui nous fait tout quitter, aspiration suprême, et à raison. Le mot est trop grand pour moi. Plus qu’être libre j’aspire tout juste à devenir légère, vive et réjouie je crois l’être déjà, mais légère aussi dans le sens de déliée, détachée des poids multiples que sur nous jette la vie sans cesse. Parce qu’avancer, dans l’existence comme sur les routes du monde, évidemment plus les besaces sont lourdes, plus c’est un sacré labeur. Alors j’apprends, patiemment, à me défaire, à lâcher prise. Lorsque je ploie, plombe et me plume sous la charge (des questions, des souvenirs, des inquiétudes, des objets qui s’entassent), je m’arrête un moment, page blanche, l’espace et l’esprit vides. En apesanteur.

Je respire, inspirations. Le geste millénaire, le geste familier : écrire. Je déloge et bazarde ce qui pèse, les roches les crampes les fardeaux ne sont plus que des mots, c’est léger un mot, ça se  pose et apaise, ça déleste. Une petite ruse, pour se souvenir sans ployer, retenir sans se charger. La parole silencieuse que je puise tout en moi me creuse et me déshabille ; jamais non jamais elle ne me laisse nue. Comme j’aime ces ambivalences du langage, qui nous désarme et nous expose, mais nous protège aussi, nous entoure et nous aguerrit. La pensée précipitée en mots va plus loin que les remue-méninges de l’esprit, elle avance, comme vouée d’une force propre, se disperse en larges arborescences, en désirs et en mondes possibles, on se surprend nous-même des tournures et des idées naissantes, de ces images qui surviennent à bout de plume, sans fard et sans ambages ; et pourtant l’écrit nous rassemble, nous recentre, met en ordre le chaos, sait cueillir d’un même geste l’écume et le sable, le surgissement le plus fragile comme nos essences les plus profondes.

L’écriture est un art des traces, elle vient peupler le vide, pas le combler car il existe, mais l’habiter, l’embrasser, en faire son univers et sa gondole, s’y sentir bien. C’est déposer les cailloux blancs de la mémoire sur une suite de pages, un à un, pour que l’histoire existe et se raconte, pour que l’on puisse s’y peloter un jour tout au chaud du souvenir ou que l’on s’en balance, peu importe, les mots noués font que le passé s’encre, nous ancre, offre de vraies racines.

Feuillets sous l’écorce du cuir, l’embrun de la peau familière. Les carnets que j’emporte, partout, sont la maison que je construis, feuilles après feuilles : toits de palme, là où le papier se coud je trouve mon rivage, ma barque et mon refuge. Écrire, c’est un mouvement devenu habitude, un doux réflexe, quand l’esprit se perd ou hésite la main ouvre le cahier, et déverse peu à peu tous les débordements, trouve l’issue, trouve le sens.

 En dérivant dans ces marées de mots, de lignes courbes, de longs tracés, je suis légère, enfin, lâchée dans le tumulte des flots sans plus de peurs ni de frontières. Légère.

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Dix ans après

Il y a une décennie entière, j’atteignais le seuil symbolique de 18 ans. J’avais alors écrit un texte sur l’enfance qui s’amenuise et qu’on doit cultiver : je me souviens d’une longue métaphore à propos d’un pont qu’il fallait traverser, entre deux terres reliées à jamais par la force d’un fleuve. Impossible de le retrouver, mon vieux blog d’adolescente ayant mystérieusement été avalé par la grande stratosphère, dans l’un des vastes trous noirs de l’Internet.

Avec mes amies, dans la longue attente froissée des résultats du bac, nous avions noirci ensemble les pages d’un cahier sommairement appelé : « Dix ans après ». Oscillant entre le rire vaporeux et un sérieux peu contenu, nous imaginions, avachies sur un large sofa convertible, les destinées futures de chaque membre de la troupe, anticipant l’avenir avec des lignes chancelantes et des projets grandioses. Une longue hacienda, une revue culturelle, une barque bricolée : chacune aurait c’est certain sa victoire et son royaume, mère et capitaine, fermière compositrice ou comédienne chef de clan. Il y avait derrière ses douces utopies aux allures de légendes, auxquelles il aurait été bien naïf de donner le poids d’un désir lucide, des espoirs distillés et de secrètes vocations. Comme le blog, le cahier s’est perdu, noyé certainement dans la masse de papiers qui occupe les tiroirs de ma chambre natale.

J’ai changé de territoires, d’amours et d’aspirations. Appris quatre langues et demie, dessiné des milliers d’heures, rêvassé plus du triple, rempli des dizaines de carnets et dormi dans des centaines de lits. J’ai avancé, encore et encore, à claques et à cris, joies intenses et poignards maudits, me rapprochant peu à peu de celle que je deviens. De celle que je suis heureuse de devenir, que j’ai choisi de devenir, plus sereine et plus forte à chaque pas.

Certaines choses demeurent : l’élan spontané, la faim du monde, grandissante, la folie que je cultive, et le décalage aussi, puisque ne pas être à ma place est devenu mon palais. Cette absorption profonde de tout ce qui me touche, un désir de dépaysement, des autres, d’apprentissage, d’amour, d’absolu. Assorti étrangement avec la joie du simple, du minuscule, du pas grand-chose, cette capacité à me réjouir des détails et à rester seule de longues heures, à peindre et à me projeter, en silence.

J’ai apprivoisé les lianes, les incertitudes et mes imperfections nombreuses. La route est longue encore, mais si les ornières et les virages m’épuisent, je tourne un peu la tête et reprends mon souffle au creux d’un paysage. Je peine, toujours, à comprendre la loi des rythmes que l’on nous impose, à arriver à l’heure et à ne pas courir dans les couloirs du bureau pour accélérer l’écoulement du jour. Je fais des squats devant le micro-ondes quand mon lunch se réchauffe, m’étire dans l’ascenseur et écris des haïkus sur les toilettes de l’étage. Le temps est une masse souple, fluide, qui se dilate et puis s’allonge. Je me mords les lèvres quand malgré l’imminence d’un rendez-vous à l’autre bout de la ville, j’ai soudain l’idée curieuse de redisposer les meubles du salon ou de faire à l’encre le portrait d’un voisin endormi au balcon. Face à ces impulsions, les urgences de la vie courante deviennent toutes relatives, et il ne me reste plus ensuite qu’à filer à toute allure, pour compenser un peu, rattraper ces échappées, ces parenthèses qui m’emballent et foutent le désordre. .

Mais elle est belle, cette vie dense, cette vie-danse, à quatre jours au bureau soit trois autres pour le reste, les grands projets qui affleurent et les petits que je termine, comblée, joyeuse : l’écriture du livre, les heures lumineuses à l’atelier et les premières cuissons, ce qui se construit doucement et ce qui bourgeonne soudain, les esquisses pour la terrasse et les boutures débordantes, on aura un potager bientôt et les mains dans le bois il fera beau.

Je le savoure, ce présent, un cadeau c’est certain, tendre et intense. Le futur s’évanouit dans les brumes, confondu par tous les possibles qu’il me reste, et pour la première fois depuis bien longtemps cela ne m’inquiète plus. Je ne sais pas où je vais, mais la route est belle, puis les moussaillons sur mon esquive sont des étoiles inspirantes, peuplant de lumière chaque infime morceau de quotidien, alors je n’ai plus peur. Tout ira bien, ici ou ailleurs, et je suis bien, ici et ailleurs.

J’m’en fiche d’être guimauve ou exaltée. Au contraire, je préfère l’ardeur au cynisme, et tant pis pour la mesure. Une amie m’appelait il y a peu « donneuse de joie », et je me dis que c’est bien tout ce qui m’importe, cette allégresse en boomerang, semer comme je peux de la joie, remplir mes enveloppes de longues lettres, d’aquarelles et d’oiseaux, surprendre, offrir, caresser, et récolter chaque jour les fruits de cette dispersion-là, de ce bonheur simple et brute, de l’émotion au bout du fil quand ils ouvrent la boîte.

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La marche des paysages – Colombie

Premiers rosissements de l’aube pâle, un peu avant l’apparition du soleil il faut prendre la route, sur les chemins de terre cuivrée qui nous mènent au cœur de la Vallée de Cocora. Les immenses palmiers à cire se dressent, gracieux et impériaux, balançant leur chevelure à plus de 50 mètres du sol. Nous partons pour trois jours dans le Parque de los Nevados, pour atteindre la cime du Paramillo del Quindio, à 4750 mètres au dessus des mers. La marche sera longue.

L’on traverse tour à tour des paysages fabuleux : jungles épaisses aux ponts de corde tendus par dessus l’impétueux courant, forêt mythiques où d’entre les épaisses fougères émergent les chants d’invisibles esprits, plateaux parsemés de frailejones, ces étranges fleurs semblables à des cactus, pentes abruptes d’un volcan à la cendre presque orangée, vallées marécageuses aux îles minuscules et fluorescentes, sommets boisés que les volutes de brumes enlacent et découvrent inlassablement…

Le corps souffre, incliné contre les parois, enlisé dans les restes de lave et la boue épaisse, en équilibre précaire sur les passerelles qui sont les seuls liens entre les flans de montagne, mais la vue est si belle, à chaque heure renouvelée on s’extasie sur les métamorphoses du décor, et l’appétit du monde nous pousse à garder le cap, debout, heureux, ensemble,

pas après pas.

 

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